vendredi 15 mai 2009

P. 140. Aucun doute, un arbre au moins pleure "Anne, notre soeur Anne"...

Sur sa page 8, ce blog participait à la campagne lancée fin 2007-début 2008 pour tenter de sauver le marronnier d'Anne Frank.
En force et en beauté, un album porte dorénavant les raisons de ne pas laisser (dé)périr dans l'indifférence et partir à l'abandon cet arbre-là si particulier.


Texte : Irène Cohen-Janca.
Illustrations : Maurizio A. C. Quarello.
Ed. du Rouergue, 2009, 30 p.


Résumé :

- "Dans la
cour de la maison 263 Canal de l'Empereur, à Amsterdam, un marronnier est témoin de la vie clandestine d'une jeune fille de 13 ans. Nous sommes en 1942, et Anne vient d'arriver dans la maison après une longue marche sous une pluie battante. Dans son cartable, elle a glissé un petit cahier cartonné qui va devenir son journal intime... Pendant deux ans, Anne va vivre caché dans cette maison avec des amis, eux aussi juifs. Depuis sa lucarne, elle voit le marronnier. Et le marronnier l'observe jusqu'au 1er août 1944. Aujourd'hui, centenaire et menacé par les parasites, il raconte."

Laurent Greilsamer, extrait de l’article à l’origine de ce livre :

- "Qu'est-ce qu'un arbre ? On ne le sait pas toujours. La plupart du temps, notre regard glisse, ignore l'arbre croisé. Les arbres font partie d'un tout : on les néglige, on passe sans les voir. Littéralement, on les fond dans le paysage. Mais il arrive qu'un arbre retienne l'attention : notre regard est alors happé. Notre main se pose sur l'écorce du tronc comme sur l'encolure d'un cheval... Un arbre, cela peut s'admirer, cela peut s'aimer. Un arbre, c'est une source d'énergie, de vie et de beauté. On y pense en apprenant que le marronnier, situé dans la cour de la Maison d'Anne Frank, est en sursis. Cet arbre-là n'est pas tout à fait un arbre comme un autre."
(Le Monde, 9 octobre 2007).

Illustration Maurizo A. C. Quarello (DR).

Le Télégramme :

- "Un album où l'émotion vous prend à la gorge dès les premières pages, intense, sobre... C'est l'histoire du marronnier d'Anne Franck qui pourrit sur place, muet, gangrené. Témoin de l'histoire de la jeune fille, il veut témoigner une dernière fois. Le livre, superbement illustré, se construit autour des citations du journal d'Anne Franck, mais en donnant la parole à cet arbre, l'auteur apporte un regard nouveau, distancié sur cette tragique époque.

Un texte sensible, tout en retenue pour ne pas oublier ces heures sombres de l'Histoire et se souvenir d'Anne qui ne «douta jamais que tout à nouveau refleurirait autour d'elle».
(19 avril 2009).


Sylvie Neeman :

- "C’est un article paru dans Le Monde en octobre 2007 qui a inspiré ce beau livre, et son titre si éloquent, Les arbres pleurent aussi, évoque la maladie et le déclin du marronnier qu’Anne Frank observait depuis la lucarne de la chambre où elle se cachait avec les siens, à Amsterdam. L’arbre pressent qu’il risque d’être abattu, alors il raconte : l’arrivée de la famille, la vie clandestine, recluse; il sait l’espoir et le réconfort qu’il a offerts, il sait les mots que la jeune fille écrivait à son sujet dans son journal, la promesse de renouveau et la confiance qu’elle trouvait dans ses rameaux renaissant au printemps.

L’arbre dit la triste fin de l’histoire et la nécessité de ne pas oublier: lui absent, il faudra qu’un autre marronnier s’élève à sa place pour que le souvenir des événements passés perdure.

Cet ouvrage soutenu par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah se construit par évocations et citations successives; il se veut un témoignage, porté haut par cet observateur symbolique si vigoureux alors, et que l’on aurait pu croire indifférent à la folie des hommes. Les images de Maurizio Quarello, par leur tonalité sépia, par leur extrême délicatesse, leurs étonnantes perspectives, escortent attentivement ces évocations saisissantes.
(Le Temps, 14 mars 2009).

Signature d'Anne Frank sur son marronnier (Graphisme JEA / DR).

Parutions.com :

- "Une réflexion sur la mémoire, le souvenir, la transmission. Un sujet douloureux - comme souvent aux éditions du Rouergue qui n’évitent jamais les sujets difficiles -, très bien traité. A partir de 7 ans."
(15 avril 2009).

Après une visite indispensable au "monument historique" de ce marronier :

http://www.annefranktree.com/

d'autres blogs évoquent ce livre :

http://eliabar.over-blog.com/article-28960273.html

http://lily-et-ses-livres.blogspot.com/2009/04/les-arbres-pleurent-aussi-irene-cohen.html

http://www.paperblog.fr/1771916/les-arbres-pleurent-aussi-irene-cohen-janca-et-maurizio-ac-quarello/

http://plantes-des-jardins-et-des-chemins.blogspot.com/2009/04/les-arbres-pleurent-aussi.html


P. 139. La Gendarmerie de St-Etienne de Tinée porte le nom du Juste Fernand Florens

Saint-Etienne de Tinée (DR).

Fernand et Angèle Florens,
Justes parmi les Nations.

Ce 7 mai, se sont retrouvées à St-Etienne de Tinée les familles du docteur Bruter et du maréchal des logis chef Florens.
Avec son épouse Angèle, celui-ci avait protégé et sauvé les premiers des affres de la Shoah.
Les Bruter avaient tenu à faire le voyage depuis le Canada où ils se sont implantés tandis que les Florens venaient de différents horizons de France.

Tous ont été réunis par une cérémonie de reconnaisance au cours de laquelle les diplômes et médailles de Justes parmi les Nations aux noms de Fernand et d'Angèle ont été remis à titre posthume à leur fille.
Les nombreux témoins ont pu entendre l'arrière petit fils du gendarme, une dizaine d'années, répéter à sa mère:
- "Il a fait tout cela, ton papy !!! Il était génial, pourquoi tu m'as jamais raconté ?"
Et sa mère de lui répondre :
- "Je savais un petit peu, mais pas beaucoup !"

La Gendarmerie nationale avait, à cette occasion, décidé de donner le nom de ce maréchal des logis chef à la caserne de Saint-Etienne.
Beau retour de manivelle de l'histoire. Un gendarme qui refusa les ordres infâmes de Vichy, pour ne pas écrire un gendarme dans l'illégalité (par rapport à l'Etat français) et dont le nom aujourd'hui est perpétué non seulement par Yad Vashem mais par la Gendarmerie !

Le Comité Français pour Yad Vashem avait délégué William Zekri à cette cérémonie.

jeudi 14 mai 2009

P. 138. En souvenir des 10 gosses juifs de la "colo" de Montigny-le-Gannelon

(DR).

Juste parmi les Nations,
Yvonne Baccary
a reçu les insignes de la Légion d'Honneur.

Sur sa page 86 (cliquer ICI), ce blog a rappelé les conditions dans lesquelles une "colo" de dix petits juifs avait été créée par les époux Baccary à Montigny-le-Gannelon pour protéger efficacement et de manière totalement désintéressée ces enfants de la Shoah.
Fixée au 15 novembre 2008, la cérémonie décrite sur cette page 86 marquait la reconnaisance officielle comme Justes des Nations d'André et de Clémence Baccary mais aussi de leur fille Yvonne. Celle-ci a reçu les insignes de la Légion d'Honneur ce 8 mai 2009.

Voici le discours prononcé par Mme Margot Thieux :

- "Au Panthéon en Janvier 2007 Jacques Chirac et Simone Veil annoncent qu’à partir de Pâques 2007 tous les JUSTES DE FRANCE -en vie- seraient décorés des INSIGNES DE LA LÉGÍON D’HONNEUR

En ce jour du 8 mai 2009, nous allons célébrer ensemble, tous unis, votre réception dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur au grade de Chevalier avec pour autre symbole celui de la date anniversaire du 8 mai 1945 celle de la Victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie, la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

La plus haute distinction décernée au nom de l’Etat d’Israël, par le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, votre Titre de JUSTE PARMI LES NATIONS répond à l’obligation éthique de reconnaître, d’honorer et de saluer les non-juifs qui malgré les risques encourus ont aidé le Peuple du Livre en si grand danger, vilipendé, blasphémé, outragé, en péril.

« Je donnerai dans ma demeure et dans mes murs une place et un nom.
Je leur donnerai un nom éternel qui ne périra pas »
- Esaïe 56 : 5

Avec Clémence votre Maman, André-Alexandre votre Papa, votre parenté, vous avez Madame Yvonne Guillaume Baccary, sauvé des vies de la déportation, de l’extermination quasi-certaine par une politique officielle s’alignant sur les exigences de l’autorité d’occupation. La propagande de l’appareil d’épouvante nazi n’a pas anesthésié les initiatives de tolérance contraires à cette politique de nouvelles lois raciales. Ceux qui ont choisi de ne pas obéir à la législation imposée de ces années de tourmente ont gardé leur équilibre humain et social en protégeant les pourchassés sans recherche d'avantages d'ordre matériel ou autre, aux heures de terreur les plus inquiétantes de l’histoire récente. Madame Yvonne Guillaume Baccary votre vie personnelle et professionnelle, celles de vos chers parents, de feu votre mari, incarnent les valeurs qui fondent la Nation et la République.

VOUS FAİTES PROFONDÉMENT HONNEUR À LA FRANCE ET L’HUMANITE.

Créée par BONAPARTE le 19 mai 1802 la plus haute décoration honorifique de notre pays
- L’ORDRE NATIONAL DE LA LEGION D’HONNEUR - inscrit la reconnaissance de la France due aux mérites, aux élites, qui mettent au service de leur pays, leur talent, leur générosité, soit à titre civil, soit sous les armes.
Vous en êtes Madame Yvonne GUÍLLAUME BACCARY.

Je suis très touchée et honorée que vous m’ayez choisie pour être votre marraine en ce jour. Nous habitons le même village, nous avons beaucoup de respect l’une pour l’autre, des amis communs. À mon enfance raflée, aux changements de lieux, prénoms, noms, religions, j’associe - si vous le permettez - à la Liste Baccary, la Liste de Madame Denise BERGON (1) aux 71 enfants cachés dont je suis et aux 12 adultes sauvés.


Au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés nous vous faisons, Madame Yvonne Guillaume-Baccary,
Chevalier de la Légion d’Honneur.

(S) MARGOT THIEUX, Chevalier de la Légion d’Honneur


Note :

(1) Religieuse des Filles de Marie Notre-Dame,
- Juste Parmi les Nations,
- Médaille de la Résistance,
- Médaille de la Reconnaissance Française -Médaille des Combattants Volontaires,
- Chevalier des Palmes Académiques,
- Chevalier de la Légion d’Honneur.

mardi 12 mai 2009

P. 137. Retour en images à Mandres-les-Roses

La famille de Thérèse Altglas (4e à partir de la gauche), enfant cachée et sauvée par Francis ainsi que par Julienne Mélisson, Justes parmi les Nations
(Ph. Arch. J-C De Glas).

En complément des pages :

- 132. Paroles de Thérèse Altglas ;
- 131. Les Mélisson, Justes parmi les Nations ;
- 127. Thérèse fut sauvée à Mandres-les-Roses ;

ce blog reçoit un reportage photographique de la cérémonie qui pour longtemps encore, marquera non seulement la vie municipale à Mandres-les-Roses mais aussi l'histoire - toujours en cours d'écriture - de la reconnaissance des Justes en France.

Adjoint au Maire, mais encore auteur de :
- Deux enfants se souviennent. Destins croisés à Mante-les-Roses durant la Shoah (Ed. de la Mémoire),
Jean-Claude De Glas prépare les archives pour les historiens à venir. Il a confié au blog ces documents qui illustrent la cérémonie de remise à Mandres-même des diplômes et médailles aux noms des Justes Mélisson. C'était le 19 avril 2009.

Discours de Thérèse Altglas.
De g. à dr. : Jean-Claude De Glas; Paul Ejchenrand, délégué du Comité Français pour Yad Vahsem; Jean-Claude Perrault, Maire de Mandres-les-Roses; Thérèse Altglas; Peleg Lewi, Ministre Conseiller près l'Ambassade d'Israël; Viviane Saül, déléguée du Comité Français pour Yad Vashem.
(Ph. Arch. J-C De Glas).

Thérèse Altglas :

- "Je souhaiterais que cette journée serve d’exemple pour faire comprendre aux nouvelles générations, toutes confessions confondues, qu’il ne faut jamais oublier les horreurs qui se sont déroulées pendant cette période de la guerre, ET QUE LE MONDE ENTIER A LAISSE FAIRE.
Pour bien me faire comprendre, je souhaiterais ardemment que les parents et les enseignants évoquent, avec les enfants, cette période de la guerre que furent les camps de concentration et d’extermination que les historiens ont appelé « SHOAH ».
Comme le disait si justement Berthold BREICHT :
« Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ».
Malheureusement, chaque jour qui passe nous prouve la véracité de cette phrase."

Nombreux furent les amis à entonner le Chant des Partisans.
(Ph. Arch. J-C De Glas).

A la vie ! Sans oublier...
De g. à dr. : Geneviève Bregeault, Thérèse Altglas et Evelyne Gradstein.
(Ph. Arch. J-C De Glas).

Recueillement et cérémonie oecuménique devant la tombe des époux Mélisson.
(Ph. Arch. J-C De Glas).

Nos remerciements à Jean-Claude De Glas, ainsi qu'à Viviane Saül, déléguée du Comité Français pour Yad Vashem.

jeudi 7 mai 2009

P. 136. Le convoi 73 : 878 déportés - 22 survivants.

Ce 17 mai 2009 :
invitation à la commémoration du convoi 73.

L'Association des Familles et Amis des Déportés du Convoi 73 communique :

- "Le dimanche 17 mai 2009, les Familles et les Amis des déportés du Convoi 73 commémoreront la date du 15 mai 1944, jour où les quinze wagons d’un train de marchandises quittaient la gare de Bobigny avec 878 hommes, tous juifs, tous dans la force de l’âge sauf 38 adolescents dont le plus jeune avait 12 ans. Traditionnellement, cette cérémonie est organisée le dimanche le plus près du 15 mai.
Qu’une Association ait pu se créer pour perpétuer le souvenir de ces hommes s’explique par le fait que, en mai 1944, ils avaient encore pu échapper aux rafles ainsi que leurs familles, cachées pour la plupart. Dès la Libération, ces familles ont fait des démarches pour retrouver leurs déportés. Malheureusement, sur les 878 hommes, seulement 22 avaient survécu et rejoint la France en 1945.
Tous les autres avaient trouvé la mort en Lituanie (à Kaunas et Pravieniskès), en Estonie (à Tallinn-Reval), ou au camp de Stutthof en Pologne (alors Prusse-Orientale)."


Entrée du camp du Stutthof (DR).

- "Nous n’aurons peut-être jamais les précisions qui nous manquent au sujet de ce convoi. Nous savons que sur les 15 wagons qu’il comportait, dix ont été décrochés à Kaunas trois jours après le départ, avec environ 600 hommes, et que les cinq autres wagons ont continué jusqu’à Tallinn, avec environ 300 hommes. Seuls nous sont connus les noms des 34 déportés transférés de Tallinn à Stutthof lorsque les Russes ont libéré l’Estonie. De même que le petit nombre de ceux qui ont gravé leur nom sur un mur de leur cellule au Fort 9 de Kaunas. Ces graffitis sont précieusement conservés dans cette cellule qui est devenue « la Salle des Français » au Fort 9, transformé, avec son annexe, en Musée de la Déportation, le plus important de Lituanie."

Source : Univ. Caroline du Sud (Graphisme JEA / DR).

- "En 1994, année où l’on a officiellement célébré les 50 ans de la libération des camps, les enfants des hommes du convoi 73, devenus adultes, ont témoigné de leur fidélité au souvenir de leur parent en publiant, pour une dizaine d’entre eux, une annonce-souvenir dans Le Monde du 15 mai.
Cette démarche a été le point de départ de l’Association. Furent organisés successivement un voyage de la mémoire en Lituanie et en Estonie, en 1995, puis la commémoration, chaque année, de la date du 15 mai devant le monument des déportés à Drancy et à la Gare de Bobigny d’où partaient les convois. Les témoignages des familles ont été rassemblés dans six volumes intitulés : Nous sommes 900 Français. Ce titre reprend l’un des graffitis conservés au Fort 9 de Kaunas et constitue, en quelque sorte, la signature collective des 878 hommes du convoi. Un bulletin interne à l’Association, publié trimestriellement sous le titre : Convoi 73 Notre Lien, est envoyé aux 360 familles connues ayant eu un et quelquefois plusieurs déportés dans ce convoi.
L’Association existant de fait depuis 1995 et fonctionnant comme une amicale, a été officialisée en tant qu’Association régie par la loi de 1901 en juillet 1999. Madame Simone Veil, dont le père et le jeune frère, André et Jean Jacob, ont péri dans le convoi 73, en est Présidente d’Honneur."


Stèle du convoi 73 au cimetière du Père Lachaise (DR).

- "Dans tous les lieux où sont passés leurs parents, les membres de l’Association ont tenu à rappeler la mémoire des leurs par la pose d’une dalle, d’une plaque commémorative, l’installation d’un lieu de méditation. Et pour ces hommes qui n’ont pas de sépulture, une stèle a été érigée au cimetière du Père-Lachaise à Paris, dans la partie où sont regroupés les monuments dédiés aux camps de concentration et d’extermination, appelée « la Colline de la Déportation »...
Le 17 mai 2009 auront donc lieu, comme chaque année, les cérémonies qui réunissent les membres de l’Association Les Familles et Amis des Déportés du Convoi 73. Certains viennent de loin en province, d’autres de l’étranger, en particulier d’Israël ou des Etats Unis.Le même jour, l’Association tient son Assemblée Générale dans le Salon d’Honneur de l’Hôtel de Ville de Bobigny. Au fil des années, cette journée a permis de tisser des liens d’amitié entre ces hommes et ces femmes habités par la même quête, la même douleur, le même deuil qui n’en finit pas (pas de corps, pas de sépulture, pas de deuil…). Ayant une histoire commune, ces personnes se considèrent comme membres d’une même famille. Ils se définissent d’ailleurs entre eux comme « une bande de cousins », toujours heureux de se retrouver."

Fort de Kaunas (DR).

- Contacts :
Les Familles et Amis des Déportés du Convoi 73
Siège social au Mémorial de la Shoah, Paris
Adresse postale : 85 bis avenue Gambetta, 75020 Paris
Tél. : 01 43 58 72 37
Courriels : contact@convoi73.info

Note : Nos remerciements à Mme L. Cohen pour l'initiative et la participation à la conception de cette page.

dimanche 3 mai 2009

P. 135. Des Justes associés à la commémoration de la Libération

Les 8 et 10 mai 2009
les Justes parmi les Nations
ne seront pas oubliés à
Crucey-Villages
ainsi qu'à St Martin Vésubie

Une plaque du souvenir sera inaugurée sur la façade de la maison où les époux Laigneau devinrent modestement mais si courageusement Justes parmi les Nations.

Vous êtes invités à cette cérémonie du souvenir qui débutera à 11h30, carrefour de l'entrée de la rue du Château à Angennes. Prendront la parole : le Maire de Crucey-Villages, Christian Laigneau et Joël Krolik.

En quelques lignes, voici retracée l'histoire de Fernand et de Lucie Laigneau :

- "En 1932, Leijzer et Pesa Krolik arrivent de Varsovie avec leur fils Joseph, né en 1931, et s’installent dans un modeste deux-pièces, au 83, rue de Belleville à Paris 11ème. Le père est tailleur à façon, son épouse l’aide dans son travail.
Ils auront trois autres enfants : Joël en 1931; Rosette, en 1934; Annette, en 1936.

La guerre éclate. Leijzer s’engage dans la légion étrangère pour défendre la France. La famille se réfugie dans la Sarthe. Six mois plus tard, c’est la capitulation. Les Krolik retournent rue de Belleville.

En 1941, Leijzer échappe à une rafle qui vise les hommes juifs. Il se cacha à la hâte sous un lit. Mais en juillet 1942, c’est la rafle du Vel d’Hiv, et des familles entières sont arrêtées. C’est alors qu’une voisine au grand cœur, Madame Cubayne, cache les Krolik chez elle durant une quinzaine de jours, prenant de grands risques pour elle-même. Entre-temps la petite Rosette, 8 ans, a été envoyée à la campagne.

Dans l’immeuble, une chaîne de solidarité s’organise. Monsieur Arnoult, qui tenait une échoppe de bottier au rez-de-chaussée, prend en charge, avec son épouse, la famille Krolik. Il cache Joël chez ses parents à Savigny S/Orge, après un voyage en train des plus périlleux, et forme le projet de mettre en sécurité le reste de la famille. Hélas, il ne peut réussir le sauvetage prévu, et doit annoncer à Joël l’arrestation de ses parents, de sa sœur Annette, et de son frère Joseph. Aucun d’eux ne reviendra de déportation.

Monsieur et Madame Arnoult, nommés Justes en 1994, poursuivent leur œuvre de solidarité. Il s’agit de mettre Joël en lieu sûr. En novembre 1941, la situation est devenue délicate à Savigny S/Orge. Monsieur Arnoult ramène Joël à Paris et le confie à Madame Cubayne, la fidèle voisine, qui l’accompagne en Eure et Loir à Crucey, chez Fernand et Lucie Laigneau, couple sans enfants et qui exploite une ferme. Joël, totalement dépaysé, est accueilli chaleureusement par les Laigneau et leur nièce Denise Louvet qui vit avec eux. Il passe pour un neveu venu de Paris pour raison de santé, et ne doit surtout jamais dire qu’il est juif. De plus, des cachettes sont préparées en cas de visite de gendarmes.


Joël est traité par ses bienfaiteurs comme un membre de la famille. Il fréquente l’école du village où l’institutrice est complice, et participe aux travaux de la ferme. Sa réussite au certificat d’études en juillet 1943 les rend très fiers, si bien que tous les voisins défilent chez eux pour les féliciter.

Joël ne peut risquer de fréquenter le collège. Aussi, durant un an et demi, il prend goût à la vie de petit paysan et s’attache de plus en plus à ses protecteurs.
Les Laigneau ne se contentent pas de secourir Joël. Durant cette période, ils ont caché une autre famille juive en grand péril. Madame Saks et ses trois enfants : Lucienne, 10 ans; Maurice, 8 ans; Suzanne, 6 ans. Ils leur offrent une égale bonté et les protégeront jusqu’à la Libération.
Il s’en est suivi de durables liens d’amitié entre les deux familles.
Les risques encourus par les Laigneau étaient énormes, car la police de Vichy et les Allemands passaient souvent dans le village à la recherche de résistants. On utilisait alors les cachettes prévues à cet effet.

Nous sommes en novembre 1944. Paris est libéré. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, les Laigneau attendent un heureux évènement. Leur fils Christian est né en janvier 1945.
Il est temps pour Joël de prendre le train pour Paris. Il doit quitter ses sauveurs et c’est pour lui un grand déchirement. Il a 13 ans et demi et il est placé dans des foyers pour enfants de déportés où il aura la joie de retrouver sa sœur Rosette.

Joël Krolik a gardé une indéfectible reconnaissance pour ces personnes admirables qui, avec un inlassable dévouement, lui ont sauvé la vie."

(Dossier Yad Vashem).


Le 10 mai, une rencontre publique associera les Justes aux réflexions sur le thème "Mémoire et engagement".

Deux jours après Crucey-Villages, vous êtes à nouveau invités pour saluer la figure si humaniste de tous les Justes parmi les Nations.
A St Martin Vésubie, le Grand Orient de France propose deux conférences et des débats en reconnaissance des "victimes de la barbarie nazie", des Justes parmi les Nations et de la Résistance.

Au nombre des très nombreuses personnalités présentes, figure le Délégué régional du Comité Français pour Yad Vashem, William Zekri.

Note : Nos remerciements à Corinne Melloul (Comité Français-Yad vashem) pour les documents qui illustrent cette page.